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Circulaire de rentrée 2010-2011


L’année scolaire 2010-2011 est inaugurale. Une nouvelle Charte de l’Education entrera en vigueur prochainement. Elle fixe les orientations du système éducatif pour les années à venir. Dans ce cadre, les cursus scolaires sont réorganisés. Un socle commun de connaissances et de compétences est instauré pour l’école et le collège. Une rénovation de la voie professionnelle et une réforme du lycée sont engagées pour conduire plus d’élèves au succès. Ces chantiers s’imposent pour une meilleure réussite de chacun dans la perspective d’une autonomie accrue pour tous.

Mon souci permanent sera que les objectifs ambitieux portés par ces textes organisateurs se traduisent en actes concrets et durables. C’est la condition pour que la communauté éducative et le Pays, auxquels nous devons rendre compte, apprécient la réalisation des objectifs assignés.

UNE CHARTE DE L’EDUCATION


La nouvelle Charte de l’Education constituera, pour dix ans, le cadre de référence qui s’impose à tous les acteurs de la communauté éducative. Elle fixera les orientations pour répondre aux besoins éducatifs du Pays : respect des normes scolaires d’acquisition des certifications ; autonomie du choix des moyens adaptés pour y parvenir. Elle sera concrétisée par un projet éducatif pour la Polynésie française dont les performances seront évaluées chaque année.

Des sessions de présentation à destination des personnels et des parents d’élèves seront à prévoir dès la promulgation de la Charte. Le Directeur de l’enseignement primaire et la Directrice des enseignements secondaires sont chargés du choix des modalités de cette information. Cependant, l’appropriation réelle d’un tel document fondateur ne peut se limiter à une simple présentation. Il doit inspirer les réunions de travail et la prise de décision, aussi bien au niveau de sujets généraux, que pour le traitement de telle ou telle question particulière.

DEUX NOUVELLES ORGANISATIONS DU CURSUS SCOLAIRE


1. UN SOCLE COMMUN DE CONNAISSANCES ET DE COMPETENCES


Le socle commun définit ce qu’il est indispensable d’avoir acquis à la fin de la scolarité obligatoire, pour une bonne intégration sociale. Il permet notamment l’appropriation d’une culture générale commune, porteuse des traits spécifiques de la Polynésie française. Il garantit l’obtention d’un niveau scolaire suffisant pour accéder à une formation professionnelle ou poursuivre des études.

Si le socle commun s’obtient à l’issue de la scolarité obligatoire, l’acquisition des compétences qui le constituent commence dès l’entrée à l’école maternelle. A condition de préférer l’activité et les expériences des élèves aux approches formelles ou d’occupation, l’école maternelle est le creuset des premiers apprentissages. Les acquisitions dans chacun des cinq domaines spécifiques de l’école maternelle déterminent à la fois l’aptitude au vivre ensemble et la réussite à l’école élémentaire.

Les équipes d’encadrement et de formation de la Direction de l’Enseignement primaire et de la Direction des enseignements secondaires mettent au point, ensemble, un programme de formation inter-degrés sur le socle commun. Elles aident les établissements d’un secteur de recrutement à instaurer des liaisons régulières entre l’école maternelle et l’école élémentaire et entre l’école et le collège. Ces liaisons sont inscrites aux projets de circonscription, d’école et d’établissement. A l’issue du collège, des dispositions analogues de liaison avec le lycée doivent être prises afin que ne soit pas rompue la continuité des parcours.

L’évaluation régulière du socle commun fournit des indications pertinentes pour repérer les élèves rencontrant des difficultés. En 2010-2011, elle est complétée au collège par le maintien des évaluations de 6ème.

Pour certains élèves, une remédiation sous la forme d’une aide par différenciation pédagogique en classe suffit. Pour ceux qui ont plus de difficulté, les écoles et collèges ont obligation de prévoir des programmes personnalisés de réussite éducative (PPRE). En fin de cycle 2 et au cycle 3, ils privilégient la question essentielle de la lecture ; en 6ème, au regard des résultats de l’école, ils mettent l’accent, sans s’y limiter, sur les mathématiques et la maîtrise de la langue orale et écrite ; ils sont prolongeables en 5ème, voire après. Dans chaque secteur de recrutement d’un collège, un coordonnateur pour le 1er degré et un pour le 2nd degré sont chargés d’aider les équipes pédagogiques à élaborer, mettre en œuvre et évaluer les PPRE.

2. LA FORMATION APRES LA SCOLARITE OBLIGATOIRE

Pour une part essentielle, l’avenir du Pays réside dans ses ressources humaines. Assurer un bon niveau de formation générale et professionnelle est indispensable pour une adaptation durable des jeunes et de la société aux évolutions du monde. Mener plus d’élèves au niveau du baccalauréat, c’est en avoir plus qui réussissent à l’examen. Ceci est un atout pour une meilleure intégration au monde du travail. Mais le baccalauréat n’est pas qu’une fin. Il est aussi un point de départ vers des formations supérieures, technologiques (BTS, etc.) ou universitaires. Plus de lycéens doivent y accéder car si elles sont une clé de leur autonomie personnelle, elles sont aussi celle d’un développement autonome du Pays. Le rééquilibrage entre la voie générale et technologique et la voie professionnelle, ainsi que la rénovation de cette dernière, sont les leviers de ce progrès.

Pour cela, en 2009-2010, les baccalauréats professionnels en trois ans ont été ouverts. 2010-2011, voit le démarrage de la réforme des lycées. Dans l’immédiat, nous devons réussir l’ouverture des nouvelles classes de seconde pour mieux assurer la prochaine entrée en première. Au-delà du large tronc commun, les enseignements d’exploration, les options facultatives et les stages de remise à niveau doivent améliorer le passage en première générale et technologique, ouvrir les passerelles entre filières d’une part ou vers la voie professionnelle d’autre part.
J’attends de l’ensemble des acteurs des mesures opérationnelles pertinentes, à construire en particulier dans le cadre des réunions de bassin et des entretiens de gestion avec la direction des enseignements secondaires.

Après la scolarité obligatoire, des élèves ont encore besoin d’aide pour obtenir des résultats acceptables. Ils doivent être accompagnés, sinon leur parcours d’orientation devient un chemin d’exclusion. Lutter contre cela est une priorité.

Pour certains, l’accompagnement s’effectue par le biais de modules de remise à niveau ou par du soutien, durant et hors temps scolaire. Pour d’autres, l’accompagnement est personnalisé et contractualisé, sous la forme du tutorat ou du partenariat avec le monde du travail. L’objectif est que les élèves appréhendent l’orientation non pas comme de l’information à recueillir, mais comme une compétence à acquérir, pour mieux maîtriser leur avenir.

TROIS DOMAINES EDUCATIFS PRIORITAIRES


Déjà scolarisés de 2 à 16 ans, les jeunes Polynésiens poursuivent de plus en plus nombreux leurs études au-delà. L’école, en les éduquant à l’autonomie et à la responsabilité, contribue à préparer celles du Pays. Pour cela, trois domaines sont vitaux : l’ouverture à l’autre par la maîtrise de la communication et des langues ; le respect de soi-même en construisant son équilibre physique et psychique ; la préservation de son environnement pour un développement durable. Dans chacun de ces trois domaines, l’amélioration de nos performances est urgente.

1. MAITRISE DES LANGUES ET DE LA COMMUNICATION ORALE ET ECRITE


MAITRISE DE LA COMMUNICATION ORALE ET ECRITE

Dans toutes les circonstances de la vie, ne pas pouvoir dire ou se dire débouche souvent sur des comportements qui perturbent la bonne marche de la société et compromettent l’épanouissement personnel. L’acquisition des savoirs, savoir-faire et savoir être passe par une communication orale, structurée, exigeante, entre professeurs et élèves.

L’écrit est au cœur de nos sociétés ; il y prolifère même, par le biais d’internet. Il n’est donc pas acceptable que l’allongement de la scolarité et l’omniprésence de l’écrit coïncident avec une stagnation des compétences en lecture et en écriture. Sans lecture courante, la scolarité au collège est compromise et sans maîtrise de l’écrit à l’issue du collège, il est difficile d’acquérir une qualification professionnelle. Au final, cette incompétence cantonne les exclus du système à des situations où l’écrit a très peu cours, les mettant ainsi sur la voie de l’illettrisme.

Les programmes prévoient l’acquisition des compétences fondamentales en lecture au cycle 2 de l’école primaire. Un dispositif de prise en charge de ceux qui ont des difficultés existe (2009-2010). 2010-2011 verra le suivi et l’évaluation des cohortes d’élèves qui en bénéficient pour la deuxième année et l’accueil de nouveaux élèves, sur les mêmes critères.
Encore trop d’élèves accèdent au cycle 3 sans lire couramment. Du temps doit absolument être dégagé pour qu’ils y parviennent et ne désapprennent pas le peu qu’ils ont acquis. Les équipes d’encadrement pédagogique de circonscription sont chargées d’aider les écoles à mettre en place un accompagnement spécifique pour ces élèves (rôle des enseignants spécialisés, adaptation des horaires, échanges de service entre les cycles 2 et 3, utilisation du hors-temps scolaire, PPRE, etc.).L’enjeu est de leur garantir un passage en 6ème profitable.
Enfin, le directeur de l’enseignement primaire et la directrice des enseignements secondaires veilleront ensemble à ce que les écoles et les collèges, selon leur secteur de recrutement, collaborent à des moyens d’accompagnement (échanges de service, stages communs, etc.) des élèves de 6ème et de 5ème ayant encore des difficultés en ce domaine.

MAITRISE DE LA LANGUE FRANÇAISE

La langue française est l’objet d’un enjeu particulier en tant que principale langue d’enseignement, indispensable pour réussir la scolarité. Son insuffisante maîtrise empêche la compréhension de tout ce qui est lié aux contenus des disciplines enseignées. Cela ralentit le rythme d’acquisition des élèves et a des effets négatifs sur leur motivation.

J’engage chaque professeur d’école, de collège et de lycée à veiller quotidiennement au développement et au contrôle de deux éléments essentiels qui font défaut à beaucoup d’élèves et qui les gênent pour comprendre et se faire comprendre : un vocabulaire précis dont l’extension est étroitement liée à une acquisition active de tous les contenus disciplinaires ; une utilisation correcte des outils du discours pour expliquer, argumenter, apprécier, raconter…, eux aussi liés à tous les domaines enseignés. Cela implique le choix concerté de pratiques pédagogiques précises, explicites, en relation avec les grilles de référence du socle commun de connaissances et de compétences. Les plans de formation continue doivent proposer des sessions pour résoudre ce problème, concrètement et de manière transdisciplinaire car il est l’affaire de tous.De même, le contact régulier avec la littérature, à condition de privilégier le sens sur les approches formelles, confronte le lecteur à une utilisation très particulière de la langue. Cette fréquentation active facilite peu à peu la compréhension de ce qui est dit ou écrit ailleurs et dans une langue plus courante. Tous les projets favorisant la fréquentation de la littérature sont à promouvoir dans les écoles et les établissements, ou entre eux.

APPRENTISSAGE DES LANGUES POLYNESIENNES

L’école primaire est passée de l’enseignement du tahitien à celui de la promotion des langues polynésiennes. Elle en a fait aussi des langues d’enseignement, ce qui leur confère une dimension pragmatique : vecteurs culturels, elles sont aussi une clé d’accès à la modernité. Toutefois, ces acquis restent fragiles en raison d’une insuffisante continuité pédagogique entre l’école et le collège. Plus globalement, ces enseignements pèchent par un formalisme qui laisse très peu de place aux activités de communication.

Des propositions concrètes de promotion doivent être élaborées, dans le courant de l’année 2010-2011, pour améliorer cet état de fait (valorisation auprès des parents, place dans l’orientation, révision des programmes, formation des enseignants, publication d’outils…).
La mise en place de l’attestation du niveau A2 en langue polynésienne au DNB impose aussi une harmonisation rapide du programme, sur l’ensemble de la scolarité obligatoire. Enfin, des outils pour enseigner méthodiquement la communication en langues polynésiennes, sur la totalité des classes du cursus, doivent être fournis aux enseignants. L’opération doit être rapidement engagée, conjointement par la direction de l’enseignement primaire et la direction de l’enseignement secondaire, avec un échéancier précis.

APPRENTISSAGE DE L’ANGLAIS ET DES AUTRES LANGUES VIVANTES ETRANGERES

L’apprentissage de l’anglais, dès l’école élémentaire est lié à notre position dans une région plutôt anglophone et plus largement, à notre volonté d’ouverture au Pacifique et au monde. Cela n’exclut pas les autres langues vivantes étrangères au collège.

Dans la perspective d’une généralisation progressive de l’enseignement de l’anglais, deux actions sont à privilégier en 2010-2011 : d’une part, étendre les échanges de service entre 1er et 2nd degrés et mettre au point les modalités pour l’habilitation de professeurs des écoles afin de répondre aux exigences du niveau A1 du cadre européen commun de référence pour les langues, du socle commun ; d’autre part, la validation par tous les élèves du collège du niveau A2, requis pour l’acquisition du DNB.
Enfin, dès la classe de seconde, le parcours lycéen fait de l’acquisition des langues étrangères un enjeu important. Afin que le plus possible d’élèves atteignent les objectifs fixés, des enseignements par groupes de compétences sont à instaurer.

Chacune de ces langues a un statut particulier et leur enseignement vise des objectifs de formation différents, pour répondre à des besoins spécifiques. Cependant, leur présence conjointe dans les programmes exprime également une volonté unique : l’Ecole polynésienne reflète une société qui mise aussi, pour l’avenir, sur la richesse de sa diversité linguistique et culturelle.

2. ACCUEIL DES ELEVES HANDICAPES ET PRISE EN CHARGE DES DIFFICULTES

L’Ecole a l’obligation d’accueillir et de former, selon des modalités adaptées, les enfants porteurs de handicaps ou atteints par une maladie.

Les efforts pour l’extension des structures et des dispositifs spécifiques d’accueil et pour la formation des personnels sont poursuivis.

Pour réussir scolairement, l'élève doit être placé dans un environnement matériel et humain favorable. Pour réussir dans la société, il doit aussi pouvoir choisir et adopter des comportements pertinents pour sa santé physique et psychologique. Les programmes d'enseignement des Sciences de la Vie et de la Terre permettent d’acquérir les savoirs utiles en ce domaine préoccupant. Pour autant les savoirs acquis ne se traduisent pas automatiquement en comportements responsables. Lutter contre toutes les conduites à risque passe par des actions de prévention, dans lesquelles les élèves sont acteurs de projets leur permettant de saisir la complexité des enjeux et d'accéder à des choix responsables, en cohérence notamment avec les objectifs des piliers 6 et 7 du socle commun de connaissances et de compétences.

Les projets d’école et d’établissement doivent comporter un volet en ce domaine, en fonction des problèmes rencontrés : partenariat avec les spécialistes des addictions, les infirmières et les assistantes sociales, les nutritionnistes ; instauration de lieux de parole, de clubs thématiques ; formation des adultes chargés de l’encadrement, etc.

L’Ecole est aussi un lieu où transparaissent les violences faites aux enfants. Le cadre des activités scolaires peut être propice à la libération de la parole. Elle doit être recueillie de manière codifiée par des acteurs avisés, avant un signalement.

Les établissements scolaires doivent mettre en place un dispositif d’écoute qui ne laisse pas les enseignants seuls avec la parole des enfants et ces derniers sans assistance. Des sessions d’information et de formation doivent être proposées au plan de formation.

3. ENSEIGNEMENT SCIENTIFIQUE ET EDUCATION AU DEVELOPPEMENT DURABLE

La Polynésie française, fière de sa diversité culturelle, doit l’être aussi de sa biodiversité. Pour autant, préserver l’une et l’autre n’est aucunement contradictoire avec la nécessité d’assurer le développement du Pays. La formation scientifique et technologique, étroitement associée à l’éducation au développement durable et aux sciences humaines, est une nécessité.

Durant la scolarité obligatoire, les enseignements scientifiques et technologiques doivent être pleinement assurés en veillant à l’équilibre et au lien entre la démarche d’investigation et l’éducation au développement durable.
Les élèves des classes de seconde doivent être fortement encouragés et accompagnés pour effectuer l’un des deux enseignements d’exploration dans une option scientifique ou technologique.
Au-delà de la nécessaire acquisition des connaissances scientifiques ou des savoir-faire technologiques, ces enseignements ont besoin d’être ancrés dans la réalité par des liens interdisciplinaires, traduits en projets d’actions concrètes. A l’école et au collège, la classe et l’établissement doivent être les premiers lieux d’application de ce qu’on apprend. Au lycée, le partenariat avec des organismes publics, des communes ou des entreprises, peut donner une autre dimension à l’appropriation concrète des notions de préservation et de développement. Aussi, les écoles et les établissements sont-ils de nouveau engagés à développer des projets « éco-responsables » qui pourront être valorisés.


Une Charte, deux réorganisations de parcours, trois domaines éducatifs orientent notre travail pour l’année 2010-2011. A travers cela, se manifeste le souci du sens pour les élèves : une formation faisant plus de place à l’action, mieux liée aux réalités concrètes, moins formelle. L’accent est mis aussi sur l’indispensable cohésion entre les acteurs, par l’instauration de formations, d’informations ou de dispositifs de coopération intra et inter-degrés. A cet égard, une demi-journée commune entre les équipes d’écoles et de collège et entre celles des collèges et des lycées devra inaugurer cette orientation, lors des journées de concertation de la prérentrée.

Les directions de l’enseignement primaire et de l’enseignement secondaire sont chargées de la mise en œuvre des axes de travail arrêtés. Les conseils de maîtres des écoles et les conseils pédagogiques d’établissement, dont je souhaite l’expérimentation, sont les instances d’opérationnalisation des orientations. Ils sont épaulés en cela par les membres des corps d’inspection et leurs équipes. Adaptées aux contextes scolaires, les orientations sont explicitement inscrites dans les projets d’école et d’établissement.

En tant que responsables de l’encadrement, de la formation et de l’orientation des élèves, je sais pouvoir compter sur votre sens de l’innovation et sur votre implication, pour mener à bien la tâche qui nous attend.

Je vous remercie de votre engagement et vous souhaite une excellente rentrée.

Moana GREIG